Cindy

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Lien vers le livre:

Ton absence est toujours aussi lourde à porter, elle laisse des traces indélébiles, devoir lui faire face chaque matin, regarder dans le miroir et espérer un reflet, un sourire, mais rien, plus rien ne peut redonner la lumière dans cette triste pénombre dans laquelle nous sommes plongés.  Alors les jours, les semaines et les  mois passent et ton absence est toujours aussi terrible à supporter Cindy.

A toi, à toi qui me manque comme jamais. L’absence de ton sourire, le son de ta voix, qu’il ne me reste qu’au travers d’une chanson enregistrée, « tu ne m’as pas laissé le temps » on peut difficilement trouver mieux… j’aurai tant souhaité te voir encore grandir, sentir ta présence à nos côté, pouvoir t’accompagner dans la vie… malheureusement tu es partie trop tôt, quelque part, dans un monde d’où on ne revient pas, mais en partant la plaie qu’il reste dans mon corps me fait mal, elle ne guérie pas, je ressens au fond de moi un mal, un mal bizarre, un mal qui ne correspond à rien de rationnel, un mal figé en moi depuis ton départ…

Cindy,  6 ans que ton absence vient ternir l’éclat de la lueur matinal, 6 ans que je regarde derrière, 6 ans que j’ai perdu l’envie d’avancer, alors chaque jour, tel un robot je vais à mon travail, j’enfile mon masque, j’essaie de faire mon possible pour que mon métier ne soit pas trop touché, je vais prêter une oreille discrète à toutes ces velléités et autres futilités que les gens autour de moi pourront dire ou faire. J’avance quand même pour tous ceux qui me donnent une amitié, une confiance, un soutien et pour ta maman qui souffre énormément, tu lui manques tant … Le monde engendre des barbares primaires à la cervelle contaminée par le mal. Aujourd’hui tu n’es plus là, tuée par la barbarie humaine qui gangrène ces âmes ravagées que nous côtoyons.

Tu me manques Cindy…

Je graphe, c’est un peu mon refuge, un refuge ou je me retrouve loin de tout, mais si prêt de toi, alors qu’importe ce que l’on peut penser, ce que l’on peut dire sur mon travail, je sais seulement qu’à chaque fois tu es là, à mes côtés  et que tu le seras toujours,  pour moi c’est le plus important. Tu me manques Cindy, chaque jour est encore un jour sans toi, un jour ou le soleil n’aura pas le même éclat, encore un jour sans pouvoir te serrer dans mes bras….

Ce livre, tu l’as écrit à l’encre de tes veines, à l’odeur de tes tripes… et je ne pouvais pas laisser tous ces textes au fond d’un PC, d’un blog, ou encore d’un cahier alors j’ai réuni toute ta souffrance, tes espoirs, ta rage, dans ce livre, ton livre.

Je remercie l’Harmattan d’avoir accepté d’éditer ce recueil.

Je souhaite simplement que ton livre pourra apporter une aide afin de mieux comprendre cette putain de maladie. Mais la diffusion d’un livre, surtout d’un témoignage, malgré son édition, est très difficile, démarcher des librairies, des grandes surfaces, relayé sur les réseaux sociaux grâce à tes amies, des envois de mail à tout un tas de personnes connues, (sans avoir de réponse d’ailleurs….) pour au final, ne pas avoir le résultat que ton recueil mérite. Ton livre est très fort, il permet de comprendre certains mécanismes, je reste convaincu qu’il peut apporter beaucoup de réponses à tous ceux qui se trouvent de prêt comme de loin confrontés à cette maladie.

Une de tes dernières photos, bizarre cette petite lumière, non?…………

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Je ne peux m’empêcher de relire tes mots, de penser à ta souffrance et à ton adolescence volée…  Je ne peux m’empêcher de vivre avec… Tu nous manques Cindy, bien au delà de ce que l’on peut imaginer…

Pourquoi….. POURQUOI……

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 » Il est plus de minuit.  Les fous dorment, les néons s’éteignent,  le monde clôt vibre d’un silence assourdissant.  Je suis la cinglée de la chambre 20 qui écrit à n’en plus finir, c elle qui déplace et retourne sa chambre à 2h du matin, celle qui frappe les murs pour ne pas s’étrangler. Ils parlent tous d’acceptation, ils parlent tous de paix avec soi-même. Foutaise, je vois des falaises saillantes que mes poignées retiennent. Le temps s’écoule avec une lenteur insaisissable, le calme camouffle la tempête qui gronde. La folie gangrène nos âmes putrides, elle affecte le moindre ange espérant trouver place au fond du cœur. « 

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 » Il y a des âmes errantes dans les couloirs, des espoirs cachés au creux des sillons tracés par les larmes. On a oublié nos identités au profit de matricule, un numéro personnifié. Les craquements des pas retentissent dans les couloirs déserts, refuge des perditions de corps inanimés. Mon corps a subi les affres de mes désastres, la bouffe a eu ma raison et ma gueule s’est refermée d’un coup de mâchoire fatal sur la vie. De l’essence sur un feu scintillant dans la nuit, une explosion au milieu d’un silence de mort. J’ai amarré mes ponts de solitude entaché, la fuite comme une égérie en brandissant le socle de la haine sur un étendard de paix. Et l’étendue des possibles comme ultime requête dans un mode qui se perd. Je danserai sur ta colonne vertébrale pour raviver la flamme qui te meurtrit. « 

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Combien de clopes écrasées sans dormir pour une seule qui fout le feu à tes draps. Combien de passages piétons traversés au rouge pour un seul bus en travers de toi.

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                         Entre deux mondes…

« Besoin de purger les souvenirs comme on draine la plaie en l’aspergeant de sel et de citron. Besoin de brûler les poumons pour que les instants s’exaltent au-dessus des collines verdoyantes des voisins bienheureux. Amnésie antérograde, support de l’âme sous pilotis branlants, câbles de l’espoir vibrant de volupté inachevé, j’ai brisé ta colonne vertébrale pour que tu ne puisse plus souffler. Expire, et cric, crac, boum, explose »

« Je garde cette immense rage contre le cortège médical qui pensait stupidement qu’en endormant les symptômes sous une panoplie de médicaments le problème serait réglé. Je garde cette rage contre moi-même pour avoir eu la stupidité de tomber dans cette merde et de m’évertuer à continuer. » 

                                                                  Cindy